La 2ème édition du tournoi du Quai 54:  

Très tôt le matin au Quai (8h), la tension était déjà présente. Le terrain de la Halle Carpentier se remplissait peu à peu de players de différents calibres sous l’organisation surprenante d’un staff très bien géré. Tout se passe le plus poliment du monde dans un univers que je qualifierai de familial : la grande famille du Game. L’an passé, le Quai 54 avait bien fait parler de lui. Et à l’heure où le français Amara Sy est CHAMPION DU MONDE de 1 contre 1, le créateur et organisateur du Quai 54, Hammadoun Sidibe aidé de Bah Pna Dahane, est allé très loin ; au delà des espérances, le Quai s’est d’ores et déjà imposé comme l’un des rendez-vous les plus importants sur la scène du basketball mondial. En effet, cette année, les six meilleurs joueurs des finales partiront défier les meilleurs players US à Rucker Park, NYC !
Le ton est donné. On arpente les parquets, on croise des balles et des stars, ça shoote dans tous les sens et ça impressionne. Des gars sont venus pour tester le niveau. D’autres, pour décrocher le billet d’avion vers Rucker. Dès qu’un certain Paul Gudde fait son apparition dans un coin du terrain avec ses mini dribbles ultra rapides, on comprend que rien ne va être simple. Puis c’est le tour de 6-Kay d’apparaître avec un sourire aux mille éclats, checkant la température avec Kadour Ziani. Okay les p’tit gars, là ça va pas être possible. Et la température, elle monte, elle monte ! Les gens se regardent et tous s’émerveillent. Rien ne va être simple en fait. Vous pensiez venir ici pour voir une journée de show-time avec des players venus déconner ? Vous vous êtes planté ! Chacun a Rucker Park en tête. Son histoire et son prestige lié à ses joueurs et ses légendes. Chacun sait qu’être ici, aujourd’hui et sous les maillots du Quai 54, est un honneur si grand que désormais, il peut conduire là bas.

La salle se remplit peu à peu jusqu’à en être blindée. Chaque membre du staff a son nom dans le dos et c’est ainsi qu’on nous présente les Jumeaux, arbitres des matchs qui vont suivrent Spike Lee, metteur en scène des équipes et, évidemment, Hammadoun, réalisateur de génie pour le coup.

La sono est à fond, le coup d’envoi est donné. Les premiers matchs donnent le ton. Comme prévu, on voit peu de show. Les joueurs ont tous une certaine maturité qui leur permet de ne pas déconner dans les instants cruciaux. Heureusement qu’un match plein d’intensité est aussi beau à voir. Car en ce 11 juillet à la salle Carpentier, c’était bien de ça dont il s’agissait, d’intensité. Chacun était prêt à se battre pour gagner, et à ne rien laisser. Une seule défaite est synonyme d’élimination : Marche ou Crève !

Quai54_marlon_jules

L’équipe de Lyon fait une belle prestation, notamment grâce à la présence de joueurs très athlétiques et très complets à tous les postes ! Ils perdent en milieu de journée sur un mauvais game sans chance alors qu’on les attendait au moins en demi-finale. On notera la greffe de Paul Gudde qui leur aura été faite sur le tas sous la demande de l’Allemand, et qui fut un succès. Ce dernier ne pouvant pas s’empêcher de soulever le public en claquant la balle sur la tête de ses défenseurs deux fois de suite ou en les entraînant dans tous les coins du terrain pour les crosser et les déséquilibrer. Et j’aime autant vous dire que perdre l’équilibre dans cette arène, c’est perdre la face plus que partout ailleurs.

Pendant ce temps là, sur le petit terrain adjacent au parquet, l’élimination des joueurs continue sous les yeux impitoyables et intransigeants de Spike et autres artistes de la fête. Ça court en contre attaque loin des gradins et sous le contrôle de la sécurité qui empêche le public d’envahir l’un des deux terrains. Double pas et envolée lyrique pour un dunk fatidique. Sans compter sur le coureur de fond qui remonte le terrain plus vite encore et arrive au dernier instant pour BACHER cet insolent !

6-Kay rentre sur le terrain avec son équipe mais sans concentration. Et Kadour Ziani, sur le banc, a beau les conseiller, rien n’y fait. Les shoots ne rentrent pas et l’adversaire prend vite l’avantage. Vous ne verrez pas 6-Kay faire du show aujourd’hui, qui ne pense plus désormais qu’à la gagne avant de penser au freestyle. Il joue sérieux d’abord, et ne vous enchante par ses moves que s’il est en confiance. Ce n’était pas le cas : Sa team sort de la course. Réaction de l’intéressé :

-T’es déçu ?
-A chaud, j’suis un peu énervé, c’est sûr. Mais bon… J’suis surtout venu ici pour voir tous les amis, toute la grande famille.

Et c’est ainsi que l’on retrouve le sourire. La journée avance. Et les sourires, on en voit de moins en moins. Les membres d’On’N’On, Oxmo Puccino et Miss A.O. font exception dans la place mais la tension monte au fur et à mesure que la journée passe.

Dans le public, on aperçoit Booba, Manu Key, 16Ar de L’S.kadrille, DJ Iso, Lord Issa, alors que Mokobé du 113 lance les shows du Pokemon Crew venu de Lyon et des danseuses du groupe Alliance.

On arrive dans les quarts de finale et dans les money-time de feu où germent des égalités qui donnent naissance à des prolongations haletantes. Le public apprend à retenir son souffle tandis que les shows s’éternisent. Le speaker annonce les dates de qualifications régionales et parisiennes du Battlegrounds 2004, le prochain rendez-vous de la grande famille du basket playground.

Quai54_Kadour_Ziani

Et on débarque sur le concours de Dunk. Le public s’échauffe avec un speaker qui ne s’arrête jamais et le premier dunker, JD, se présente devant l’arceau. Sa petite taille laisse à supposer une blague mais après une course folle suivit d’un double pas, c’est dans les airs qu’il s’assoit, repliant la balle entre ses jambes avant de la claquer sous un tonnerre d’applaudissements ! Le second, Marlon, passe un moulin au dessus de 3 copains ! Cissé passe un double pump arrière appel un pied et un moulin à un pied. Un autre dunker, Sorea, s’élance au dessus de trois collègues avant d’aller faire trembler les anges. Puis, dans le silence, le speaker annonce l’arrivée d’un player qui avait pourtant renoncé à concourir; Kadooooouuurrrr ZIANI ! L’excitation n’a d’égal que la joie de le voir se joindre au spectacle. Il court, s’élance au dessus de trois gars qu’il a placé assez loin du panier et écrase un dunk tonitruant avant de mal retomber sur le parquet. Silence. Kadour, blessé, déclare forfait.

Derrière moi, quelqu’un s’affole dans le staff ; « Pour que Kadour abandonne, c’est qu’il est mal en point. » En effet, si l’on doit parler d’un guerrier dans le sport français, d’un soldat qui va au feu et y retourne sans cesse, quoi qu’il arrive et ce, même sur des béquilles, c’est bien Ziani.

Les matchs reprennent avec la même intensité et un jeu toujours aussi explosif. CrossOver pour pénétrer et shooter en extension ou passer au joueur démarqué. Shoots à trois points rentrés en switchs ou récupérations de balles perdues dignes des Dennis Rodman & cie. Plus de doute, la sélection est faire, et la crème des joueurs est là. On regrette seulement que d’autres frères de la balle -qui avaient leur place parmi les meilleurs, aient été éliminés trop tôt. Ça se bat. Ça gueule. Et plus rien ne passe. Ça joue. Et ça joue dur ! Coudes, genoux, tout est posté. Rien n’est offert. Jusqu’à ce qu’on connaisse le noms des deux équipes finalistes ;

77 vs Zikfi

Alors la finale du concours de dunk commence. Sorea rate le alley-hoop avec repli entre les jambes. Cissé tape un rider en passant sous le cercle.

Le public est impressionné. Lui ne bouge pas tandis que tous les joueurs sautent dans ses bras. Marlon remporte le concours avec un 360° moulin en

passant sous le cercle !

No comment

La finale du Quai 54 peut alors commencer. 77 prend place face à Zikfi. Et dès lors dans ce système de 2 fois 10 minutes se consume un duel de fou. Chacun joue avec la rage au ventre et les flammes de NYC brillent dans leurs yeux. Les deux meneurs, qui ne dépassent pas les 1m75, se livrent un combat épique dans lequel ils engagent leurs tripes. Les défenses et les attaques sont explosives et intensives ! Chaque rebond, chaque passe, est une véritable guerre.

La victoire est finalement donnée, telle une délivrance au terme d’un suspense haletant, à l’équipe de Zikfi. Six joueurs sont donc érigés en HEROS pour partir représenter la France aux Etats Unis, comme Tony Parker et Amara Sy ;

Chaque seconde est un carnage. A 19 partout, le score se serre sur une égalité à la mi-temps. Avant de monter progressivement, par des à coups qui font demeurer l’égalité, et le suspense dans les gradins.


Sacha Giffa
Samuel Nadeau
Raphaël Desroses
Sambou Traore
Ben Owona
Johann « Pit » Vinceslas

Il est malheureusement à noter qu’à l’heure actuelle, les quatre premiers élus pourraient ne pas entrer dans la légende de Rucker Park. En effet, certains étant en Pro A. ou sur le point de signer en Pro A., leurs coachs refusent de les laisser s’échapper 3 misérables jours chez l’Oncle Sam et ainsi représenter notre bannière. Des coachs qui, certes, font leur travail, mais s’immiscent dans la promotion du basket français comme des bâtons dans les rouages de notre ascension.
Peace players, Charly B.

www.basketsession.com

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.